A l'heure qu'il est, tous les acteurs de cette aventure sont rentrés chez eux et retrouvent déjà leurs habitudes et leurs occupations habituelles. Cependant la rupture avec ce que nous avons vécu n'est pas facile à effectuer... Nous avons pourtant bouclé le chemin, le 14 juin, vers 10 heures, en montant au cap Finisterre jusqu'à la borne 0,000 km et même au-delà puisque nous avons pris les dernières photos sur les derniers rochers accessibles. Le temps détestable que nous avions eu la veille nous avait dissuadés d'aller plus loin que Fisterra, située à 3 kms du cap, où nous attendait Jean Pierre. L'étape du jour de 33 kms avait déjà été longue ... sous la pluie et le vent. Ce 14 Juin, donc, nous avons pu admirer les côtes découpées du cap Finisterre et des environs, le presque beau temps étant revenu sur la région.
L'excursion en voiture à Muxia était un bonus offert aux pélerins valeureux, mais ce n'était plus le chemin, puisque nous ne cheminions pas... Cependant, le site de Muxia avec son église au pied des rochers est également un aboutissement pour les Jacquets. Nous y avons pris notre dernière averse.
Vers 16 heures, Jean Pierre et moi, en nous séparant des Machemontais et de la Téteghemoise qui prenaient le bus pour Santiago, nous nous sommes dit :" Ca y est! c'est fini. Pensons à la route du retour."
Eh bien, sachez que notre route a été émaillée d'indices qui nous ramenaient pour un moment sur le chemin. A Hendaye où nous avons déjeuné, nous avons vu le début du "camino del norte"; un peu plus tard, c'est en empruntant l'avenue St Jacques de Compostelle que nous sommes arrivés chez José et Ghislaine, à Cestas. "Et oui, nous ont-ils dit, il y a bien quelque chose sur le domaine d'un ancien prieuré tout près d'ici". Nous y allons et qui voyons-nous? Un pélerin en bronze, assis, qui se repose après son retour de Santiago, mais aussi trois pélerins en chair et en os qui logent pour la nuit dans les superbes bâtiments du prieuré : Isabelle, partie de Tours, Roland, parti de St Jean d'Angély et Bernard, le Breton, parti de Rennes. Moi qui pensais avoir vu mes derniers pélerins au cap Finisterre, voilà que j'en rencontrais d'autres. Ils seront dans mes souvenirs avec Manu, parti d'Ouessant en septembre, continuant sa route jusqu'à Gibraltar, Guy, le Montréalais qui s'arrêtait là, complètement épuisé, Daniel, le Suisse, qui prenait le chemin du retour par le "camino del norte", Jean-Michel, l'infirmier-cuistot de Pontarlier, indécis sur la suite à donner à son voyage, Tom d'Ottawa qui me quittait en m'embrassant et en me disant "Dans une autre vie", ce à quoi je répondais "sur un autre chemin" et enfin Elia, l'Espagnole, toujours discrète et souriante, qui s'en allait vers la Costa del Sol. C'est donc avec Isabelle, Roland et Bernard que j'ai posé pour la dernière fois (?) devant le pélerin fatigué, mais serein de Draguignan. Et ce matin, croyez-moi ou non, nous les avons revus, au même endroit, alors qu'ils s'apprêtaient à traverser l'avenue et que nous, en voiture, nous passions au feu vert ... Un coup de klaxon, des mains qui s'agitent et un "buen camino" hurlé pour ceux qui seront bientôt sur nos pas ... Ultreïa!
La PVES qui vagabonde encore par l'esprit vous salue bien.
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1 commentaire:
Marie Albine, est- ce le chemin qui te poursuit ou est -ce toi qui ne le quitte pas? Moi aussi je chemine encore car je suis à Rennes, chez Antoine. Parler du chemin avec lui , qui l' a vécu, est un bonne transition avant d'affronter la vie "courante".Je transmets une grand merci à Jean Pierre, pour sa présence aux bons moments et pour son accueil chaleureux tous les soirs apres la marche. Marie Albine, par ton dynamisme, ta gaieté, ton plaisir à converser, tes chants, ton optimisme permanent...tu es une compagne de route inoubliable.
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