dimanche, juin 03, 2007

le Bierzo entre deux montagnes

Nous voici dans un village au nom facile a retenir : Cacabelos. Il est situe dans la vallee du Bierzo entres deux montagnes. Hier et avant hier, nous avons traverse les montagnes du Leon. Changement radical avec la Meseta, avec cependant une transition autour de la ville d Astorga, region appelee Maragateria : la campagne commence a onduler, les cultures sont plus variees, les bosquets plus nombreux, puis, progressivement nous gagnons en altitude et les cultures cedent la place a la lande. Et c est dans un ocean de genets fleuris ( sur des kms a la ronde) que nous terminerons la marche a Santa Catalina de Somoza. Quelle splendeur! et d autant plus que le beau temps est de la partie enfin. Pour terminer cette journee exceptionnelle qui sera suivie d une autre tout aussi unique, nous goutons au plat local: la cocido maragato, souvenir heureux de la campagne napoleonienne, sorte de ragout de viande ( sept ou huit au total) suivi des legumes et pois chiches, puis en final de la soupe aux vermicelles. Tres etonnamment, nous avons tous bien digere ( grace peut etre au digestif ofert par notre gentille hotesse).
Hier donc, etape de montagne avec le passage a la "cruz de ferro" ou, tradition oblige, chaque pelerin abandonne quelque chose, le plus souvent un caillou ... moi, j ai perdu le mien et j ai donc laisse une carte postale envoyee par T Raymonde pour mon dernier anniversaire! La journee a ete pour tous extraordinaire : nous avons marche dans un environnement de montagnes fleuries a l extreme ( genets jaunes et blancs, bruyeres arborescentes blanches et roses et toutes sortes de fleurs multicolores bordant le chemin), mais desertique, sans aucune batisse pendant des kms et seulement 3 villages a traverser sur 32 kms ... Le pied!!! Les rencontres avec d autres pelerins ont ete des plus sympathiques : ils etaient connus de la "bande des quatre", Daniel le Suisse, une Colombienne et son copain qui se sont connus en Australie ou ils vivent, une Irlandaise un peu handicapee par une ancienne tumeur et une inconnue Mexicaine qui a bien plu a Dominique. Se transformerait il en vieil espagnol? Je ne le crois pas, mais n y voyez aucune pretention de ma part, si je vous dis que les "vieux espagnols" doivent trouver ma trogne a leur gout puisque une deuxieme "aventure" m est arrive avant hier... Je ne m etendrai pas sur le sujet ... assez repetitif.

Nous avons acheve la descente aujourd hui et avons traverse Ponferrada, ville assez importante, ce qui signifie davantage de route goudronnee et de circulation. Heureusement la magie du chemin opere toujours quand on s y attend le moins. Nous avons admire une exposition interessante sur le patrimoine religieux du chemin, en Castille et Leon, nous avons goute aux cerises qui se trouvaient a portee de main de Maryvonne et, dans la derniere partie du parcours, alors que nous avions retrouve les coteaux plantes de vignes avec la montagne en arriere plan, nous avons bu un vin de pays, le Berciano, chez un brave homme dont la modeste demeure etait ouverte ... La fraicheur de la piece et le vin un peu apre nous ont redonne le tonus necessaire pour terminer l etape a 18 heures. Dans le village, a l ombre d une chapelle, nous attendait Jean Pierre qui ... lisait. Demain, nous avons au programme la derniere etape de montagne du chemin, avec l arrivee dans la region FINALE de notre periple, la Galice au bout de laquelle nous aurons atteint notre BUT. A quelques kilometres d ici, nous avons lu : Santiago de Compostella, 195 kms.
Pour terminer une bonne fete des meres a toutes celles qui s y reconnaitront. Elle est pas belle la vie? La PVES toujours d attaque.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Les cerises à portée de main de Maryvonne ??? Attention les cerises touchant le sol doivent être mauvaises !!!!

Anonyme a dit…

Aujourd hui , 10heures 30, nous etions sur la place de Santiago de Compostella, apres une etape de 10 kms a peu pres. C est avec emotion que nous avons decouvert la place de la cathedrale et jean Pierre qui nous attendait deja depuis une heure. Apres l emotion, les congratulations et felicitations reciproques, la mise en scene de notre arrivee, avec photo de groupe, photo en solo ou encore photo de couple. Contrairement a ce que nous craignions, il n y avait pas trop de monde sur la place et tous ces gens qui etaient la semblaient bien sympas et parfois intrigues par notre manege ( precisons que nous avions encore sur le dos, nos sacs, dans nos mains, nos batons et sur nos chaussures, la poussiere accumulee du camino. A midi, tous a la messe dans une cathedrale bondee ou une religieuse chantant fort bien entrainait la foule des peregrinos, caminantes et touristos... Puis ce fut la queue ( mais pas trop longue) pour obtenir nos diplomes, differents selon nos motivations. C est ainsi que Dominique a eu autre chose puisque ses motivations etaient autres que religieux.
Petit resume depuis notre dernier rendez vous : nous avons donc traverse la Galice, region encore bien differente des precedentes. Ce serait un peu de notre Bretagne interieure, mais en plus accidentee. En effet, nous savions que nous devions traverser la chaine cantabrique pour arriver a O Cebreiro, porte de la Galice et lieu particulier pour le pelerin de Compostelle. Mais, depuis 6 jours, nous descendons et montons des cotes assez raides meme si le paysage de montagne s est transforme en collines douces et mamelons arrondis. Le plus souvent nous etions dans des bois de chenes, de chataigners, mais aussi depuis 3 jours dans des forets d eucalyptus qui embaumaient l atmosphere. Les fougeres et les digitales etaient partout presentes et dans les villages, les roses a profusion etaient magnifiques. Et toujours une petite chapelle, un vieux pont, un horreo (sorte de construction pour stocker le grain) un corredoira (grosses dalles amenagees pour passer un gue) ou un oiseau pour ralentir notre marche.
Meme si avant hier nous avons eu une averse d orage, pendant que nous buvions un coup dans un des nombreux bars du chemin ( encore une cause de ralentissement), le beau temps s est encore maintenu jusqu a ce jour malgre les previsions pessimistes de la meteo espagnole.
Hier et encore aujourd hui, nous avons rencontre davantage de pelerins, (a se demander d ou ils sortaient?) que nous depassions et qui nous depassaient a leur tour lorsque nous faisions une pause. Et il me semble que depuis quelques jours les pauses s etaient allongees ... si bien que nous arrivions plus tard aux etapes et que jean Pierre "s inquietait" et s informait de notre progression un peu plus souvent. Par exemple, avant hier, nous avons demarre a 6 heures du matin et ne sommes parvenus a destination, au bout de 36 kms, qu a 18 heures! Le soir, et particulierement ce 8 juin, la fatigue se faisait sentir (je parle pour moi) mais le lendemain matin, la forme etait revenue et nous avalions notre lot de kms quotidiens. C est donc avec optimisme que nous pouvons envisager les 100 kms restants pour voir l ocean et s y jeter si le temps le permet.
Aujourd hui, nous avons pense aux nombreux pelerins avec lesquels nous avions sympathise et qui n etaient pas avec nous devant la cathedrale. Certains etaient pourtant presents et tous contents d etre arrives au "port".
Hasta luego! les PVES super diplomes et fiers de l etre.