samedi, mai 05, 2007

Entre Gers et Landes.

Nous voici à Nogaro dans le Gers que nous quitterons demain pour une brève incursion dans les Landes avec Aire sur l'Adour comme prochaine étape.Nogaro, c'est l'un des centres du foie gras, tout comme Eauze où nous étions hier (une pensée pour Clemchou, mais nous n'avons pas vu le centre de vacances où elle est passée). Nous avons donc fait honneur aux richesses gastronomiques du pays et avons pique-niqué foie gras et merlot, petit vin des côtes de Gascogne, ma foi, très agréable. Depuis plusieurs jours, nos pique-niques se sont nettement améliorés : nous donnons rendez-vous quelque part sur le chemin à Jean Pierre et aux amis Hamez arrivés avec leur camping-car, pour midi ou trois heures (quand nous faisons quelques variantes et halte gourmande) et nous déballons tout, y compris apéritifs, vins du pays et dessert parfumé à l'Armagnac, autre richesse locale.
Depuis Moissac, nous avons un temps plus incertain, mais si nous avons eu un jour et demi de pluie, en début de semaine, nous échappons le plus souvent aux averses orageuses de fin d'après-midi;cependant, nous ne pouvons éviter les chemins d'argile collants, gluants, "ventouses" de la Gascogne que nous traversons. Le pays est plus riche : les champs plus nombreux et plus vastes alternent avec les vignes, le tout bordé de bosquets aux essences variées. Et il faut ajouter à cela, des fruitiers, des melons, de l'ail ... qui sont autant de richesses supplémentaires.
A présent, une histoire qui vous donnera une idée de ce qui se passe sur le chemin. Présentons d'abord les personnages : nous avons rencontré pendant plusieurs jours 3 mémères, c'est-à-dire des dames de mon âge, qui marchaient tranquillement sur le GR; nous voyons régulièrement un autre pélerin, Willy le liégeois, toujours parti de bon matin et toujours arrivé le premier aux étapes. Hier Willy nous dit alors qu'il fait quelques pas avec nous :" Imaginez ma surprise tout à l'heure quand j'ai vu l'une de ces dames (il parlait évidemment des mémères) faire pipi au beau milieu du sentier! Quand je me suis approché, la dame, sans doute confuse, s'est excusée et a rajouté que c'était à cause de la fouine. Je n'y ai rien compris." Nous avions l'explication que nous nous sommes empressés de rapporter :"Cette dame a été mordue à la cuisse par une fouine qui s'est même emparée d'un bâton." Que faisait-elle quand la fouine l'a attaquée? Elle ne l'a pas précisé. N'empêche que depuis ce déplorable incident, elle se méfie!
Les autres conversations que nous avons avec les pélerins n'ont heureusement pas cette gravité! Nous parlons montagne avec les Varois qui sont souvent du côté de Monestier, nous évoquons le Québec avec Nicole, la Québécoise, si calme, si sereine, amoureuse de la France qu'elle découvre et avec le couple de Nantais, les échanges sont plus anecdotiques.
Nous avons perdu les Bourguignons, d'autres québécois, la Japonaise. Nous avons salué les Niçois qui se sont arrêtés, mais nous faisons chaque jour la connaissance d'autres pélerins. C'est la magie de ce chemin : tout le monde s'y côtoie et s'y reconnaît.
Pour finir petit message plus personnel : je marche encore deux jours ... puisque nous arrivons lundi soir à Arsacq-Arraziguet, là où j'ai commencé le 1er avril. Je reposerai mes pieds le temps d'un voyage en Chine, puis, je rejoindrai mes compagnons pélerins afin de poursuivre avec eux et, j'espère,
achever cette aventure prodigieuse. Ultreïa!
Méditation du jour : Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores
Réjouissons-nous des soirs, mais vivons les matins. G Apollinaire
MA la PVES encore en chemin.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Mais dis-moi Domi, tu es un vrai littéraire ou Maryvonne t'aide ? en tous cas je te lis, même si je ne commente pas souvent, avec beaucoup de plaisir. Je suis passée à Nanterre hier, tout va bien, ta place t'attend, petit veinard !! (hi,hi,hi) Michel m'a demandé si tu reconnaissais les arbres et les animaux que tu croisais ? En tous cas, à te lire, je me dis que la France est belle et que pour nous, ça suffira certainement !! Je vous fais de grosses bises d'encouragement et merci de nous prêter vos yeux et vos écrits pour voir de si jolis paysages.

Anonyme a dit…

J'ai oublié (je ne me reconnais pas !) de signer le commentaire précédent : Evelyne